Les soins non programmés recouvrent l’ensemble des actes médicaux réalisés en dehors d’un rendez-vous anticipé : urgences mineures, aggravations soudaines, traumatisme, fièvre, etc. Selon un rapport de l’IGAS (2019), près de 20 % des consultations de médecine générale relèvent de ce type de demande. En montagne, cette proportion s’accompagne de particularités marquées :
Le dispositif repose principalement sur quatre catégories de professionnels :
L’organisation vise à pallier l’absence de service d’urgences ou de centre hospitalier implanté localement. Les professionnels de santé adoptent une gestion de la disponibilité souvent modulée :
S’adapter à la réalité montagnarde, c’est d’abord accepter une relative solitude professionnelle. Sur de vastes territoires, un médecin peut être le seul praticien à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde. Cette position implique :
Cette solitude est aussi moteur d’innovation. Plusieurs dispositifs ont vu le jour, souvent initiés localement par des libéraux :
La performance du système de soins non programmés en montagne ne se résume pas à la rapidité d’intervention. D’autres enjeux sont tout aussi fondamentaux :
La saisonnalité constitue une dimension singulière en montagne. Les pics de fréquentation d’hiver et d’été bouleversent l’organisation des soins :
Le modèle reste perfectible, confronté à plusieurs défis :
Des pistes sont à l’étude ou expérimentées :
L’enjeu majeur des prochaines années sera la reconnaissance et la valorisation de l’expertise développée par les professionnels libéraux en zone de montagne. Leur action dépasse largement le “cure" immédiat pour s’inscrire dans un continuum de veille, de prévention, d’animation du tissu social, et d’accompagnement des personnes vulnérables. Leur implication dans la gestion des soins non programmés apparaît comme un pilier structurel de la sécurité sanitaire des territoires alpins et de moyenne montagne, au service de la population locale comme des visiteurs.
Sources : DREES, IGAS, Assurance Maladie, ARS Auvergne Rhône-Alpes, Conseil national de l’Ordre des médecins, HAS.