En France, l’écart d’espérance de vie entre les 5 % les plus aisés et les 5 % les plus modestes atteint 13 ans chez les hommes et 8 ans chez les femmes (DREES, 2022). Ces écarts recouvrent à la fois des facteurs territoriaux (rural/urbain, quartiers prioritaires), socio-économiques (revenu, diplôme), mais aussi des enjeux liés à l’accès à la prévention.
Or, 80 % des déterminants de santé sont extérieurs au système de soins (OMS). De nombreux déterminants — éducation, conditions de logement, alimentation… — peuvent être ciblés par des actions préventives à fort impact.
Des milliers d’initiatives fleurissent sur le territoire. Le programme “Pass’santé jeunes” dans la Loire, qui sensibilise 25 000 adolescents chaque année à la sexualité, à l’addiction ou à la santé mentale, illustre à quel point l’éducation à la santé est un puissant facteur d’égalité des chances.
Un autre exemple : les bus santé itinérants de l’ARS Auvergne Rhône-Alpes, qui sillonnent les zones rurales pour offrir dépistages et bilans de prévention, ont réalisé plus de 20 000 interventions en 2 ans, touchant des personnes qui n’auraient probablement jamais consulté un professionnel hors de cette démarche d’“aller-vers”.
L’efficacité des actions préventives ne dépend pas uniquement de leur pertinence médicale, mais aussi de leur capacité à toucher les personnes qui en ont le plus besoin. L’équité d’accès, l’adaptation aux réalités de chaque territoire et la synergie entre établissements de santé, collectivités et associations sont fondamentales. La prévention ne doit jamais être réservée à celles et ceux “qui savent déjà”, mais soutenue par une véritable culture du “aller-vers”, de l’accompagnement, de l’écoute.
Des ressources conséquentes sont, certes, indispensables, mais c’est la mobilisation de tout un écosystème — soignants, bénévoles, travailleurs sociaux, collectivités et surtout usagers — qui permet de faire reculer, pas à pas, la frontière des inégalités de santé, garantissant un accès durable à la prévention et au bien-être pour tous.