Le cancer du sein demeure la première cause de mortalité par cancer chez la femme en France, avec près de 59 000 nouveaux cas et environ 12 100 décès chaque année (Santé Publique France, 2023). Le dépistage organisé a permis d’améliorer significativement le pronostic, mais des disparités d’accès persistent, notamment à l’échelle régionale.
En Auvergne Rhône-Alpes, région diverse tant sur le plan géographique que socio-économique, ces inégalités prennent une dimension particulière. La présence d’agglomérations dynamiques côtoie celle de zones rurales, de massifs montagneux et de territoires isolés. Pourtant, le dépistage du cancer du sein constitue un geste essentiel pour une prise en charge précoce, facteur clé de survie et de qualité de vie.
Le dépistage du cancer du sein s’adresse en France aux femmes âgées de 50 à 74 ans. Tous les deux ans, elles reçoivent une invitation à réaliser une mammographie prise en charge à 100%. L’efficacité du programme dépend de la participation large de la population-cible et de la qualité de l’organisation régionale.
Les inégalités territoriales en matière de dépistage ne sont pas le fruit du hasard mais résultent de facteurs multiples, souvent intriqués.
Les effets de ces inégalités sont tangibles :
L’expérience de terrain montre que la lutte contre les inégalités territoriales de dépistage du cancer du sein ne peut se limiter à une approche descendante. L’innovation sociale – en favorisant la participation citoyenne, le relais par des pairs, la co-construction des outils d’information et de suivi – constitue un levier puissant pour faire évoluer les pratiques et toucher les populations les plus éloignées du système de santé.
L’usage du numérique, via la télé-expertise radiologique et la prise de rendez-vous en ligne, peut faciliter l’accès dans certaines zones, à condition de veiller à ne pas créer de nouvelles fractures par le numérique.
Les territoires ruraux ou périphériques de la région Auvergne Rhône-Alpes sont aussi pourvoyeurs d’initiatives, souvent ingénieuses, qui montrent qu’une politique d’équité en santé s’ancre dans la proximité et la capacité d’adaptation locale.